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Être et devenir camerounais ?

Lors d’un interview sur une chaîne Camerounaise, la journaliste posa cette question à un intellectuel du pays : <<quelles sont vos origines ? Quel est vôtre ethnie ? >>. A cette question il rétorqua :<<je suis Camerounais. Le reste importe peu>> . Cette réponse ferait rire plus d’un et à plus forte raison, mais au-delà de cette réplique, c’est un sentiment de fierté nationale, un élan de patriotisme qui met de côté la complexité religieuse, ethnique, culturelle et linguistique ,et décide de se fondre dans la Belle communauté multiculturelle. Etre et devenir camerounais, beaucoup n’y verrons pas de différence puisque le fosset qui existe entre ces deux états ne réside que sur un engagement ou une prise de conscience individuelle comme collective. Face a ces termes ô combien ambiguïs,une lumière sera faite et permettra d’éclairer nos lanternes au cours de cet essai.



La loi numéro 1968-LF- 3 du 11 juin 1968 portant code de la nationalité camerounaise article 12 stipule que << La nationalité camerounaise est en outre acquise de plein droit ,par le seul fait de la naissance sur le territoire camerounais, à toute personne ne pouvant se prévaloir d’aucune autre nationalité d’origine >>, suivit de l’article 24 qui affirme que<<la nationalité camerounaise est accordée à la demande de l’étranger par décret>> . Mais bien au-delà d’une loi ou un décret qui définit l’appartenance à une nation, la question est : est ce cela être camerounais ? Le Cameroun ,pays d’Afrique centrale, Afrique en miniature ,pays du multiculturalisme est doté d’une richesse des plus incroyables. Comprenant 10 magnifiques régions , près de 250 ethnies réparties en trois grandes ,bantou ,semi bantou et soudanais, elle dispose de 2 langues officielles, le français et l’anglais, vestiges d’un passé colonial fait de courage, de sang versé mais aussi et surtout de liberté.

Appartenir à cette terre ou devrais-je dire être Camerounais, c’est bien au-delà de notre appartenance à un groupe ethnique, être fier et attaché aux valeurs de patriotisme . C’est assumer une histoire singulière, faite de blessures, de cicatrices mais aussi de grandeur ,de victoire et d’héroïsme selon les propos du sociologue Armand Leka Essomba. Pour rejoindre le magasine jeune Afrique économique, être Camerounais , c’est reconnaitre que le Cameroun est le berceau de nos ancêtres, qu’il doit mériter le plus grand honneur et que son drapeau doit être un symbole ardent de foi et d’unité. C’est être uni par un sentiment de fierté nationale si fort qu’il confine parfois a l’orgueil.

Le Cameroun depuis peu est sujet à des affres d’une sécession qui fragilise sa paix intérieure, sécession jusqu’alors bannie depuis le référendum du 11 février 1961 qui avait comme conséquence la réunification le 1 er octobre 1961 des deux Cameroun : français et anglais présent alors. Dans son discours à la nation le 10 Septembre 2019,le président de la République soulignait l’unanimité et l’indivisibilité du Cameroun. Car c’est aussi cela être camerounais :accepter avoir une histoire commune à ne pas briser ,une histoire faite de libération ,fruit des prouesses de nos héros John Ngu Foncha, Douala Manga Bell, Um Nyobe , Achille Mbembe ,Mongo Beti ,Eboussi Boulaga et bien d’autres et de nourrir l’espoir de voir un jour se ressouder les liens forts entre frères camerounais d’ici et d’ailleurs. Qu’en est – il du devenir Camerounais ,car l’être à lui seul ne saurait suffire.

On peut penser à une similitude entre être de devenir .deux verbes d’état qui exprime on le sait bien un caractère solide. Mais alors ! Dans le devenir on peut apercevoir un esprit de révolte qui mène au changement ,une éclosion de pensées et de consciences.

Parce que devenir c’est oser le changement, dans un pays où bon nombre attribue son sort au main d’une tierce personne, dans un Cameroun marqué par la paresse ,le laxisme, de débats infructueux étalant parfois le mal être de nos dirigeants, devenir camerounais, c’est prendre conscience de sa place et de son rôle dans la promotion d’un Cameroun uni et prospère. En dehors du fait que nous soyons fier d’appartenir à cette terre, devenir camerounais c’est faire de ses actes , aussi minimes soient ils ,des promoteurs de bien être et de cohésion sociale .Dans un pays riche de par sa diversité, nous devons nous unir et penser comme saint Exupéry qui voit en la diversité une incroyable richesse. La jeunesse a besoin de changement radical dans la manière d’apercevoir la face du Cameroun ,ici on parle de jeunesse puisqu’elle est le socle d’un changement depuis la racine .Il serait mieux pour elle qu’elle prenne le devant de la scène, et accepte de participer à des débats politiques , économiques et sociaux .le Better breed est la preuve qu’une jeunesse doit se pencher sur ces débats ( être et devenir camerounais) pour une réflexion murie quant au sort de leur pays.

Dans le processus du devenir, une étape des plus importantes est à franchir. Non celui de la recherche identitaire mais celui d’une prise de conscience à la fois individuelle et générale par l'inculcation en chaque être grand ou petit l’amour pour sa patrie et la fierté de lui appartenir. La prise de conscience c’est de ça qu’il s’agit. Parce que l’union et l’avenir d'un peuple ne peut se faire sans une prise de conscience, il en va de chaque camerounais de s’éveiller ,de reconnaître son rôle et le mieux pour un éveil national serait l'encadrement dès le bas âges au travers des programmes scolaires précis qui feront de l’Incarnation la plus belle de notre identité des patriotes accomplis , à la recherche non pas seulement du gain mais du savoir morale et fier d’appartenir à une même et grande communauté. Des programmes de civisme , d’éthique , viendront dans un mouvement de changement opérer la transformation qui nous a tant manqué pour donner à l’édifice en construction une solidité des plus recherchées.


Être et devenir camerounais dans une situation qui est la nôtre n’est qu’a un pas ,celui d’une prise de conscience .Le Cameroun a besoin de changement de mentalités qui se répercute sur nos actes .face à certaines situations survenues tout autour de nous il est important que nous réalisions à quel point il serait urgent de s’assoir et de penser à un changement radical de peur de ne tourner en boucle au fil des années. La voie vers le changement est épineuse, mais comme dans une décision le tout est de la prendre. En y réfléchissant mieux, cet éveil de conscience nous garantira non seulement un développement économique, mais surtout morale, à la recherche de la vérité et non pas du gain qui meuble tant bien que mal notre quotidien ,parce que l’homme camerounais au profit de sa poche a vendu sa morale.

En appelant tout les Camerounais du nord au sud ,de l’est à l’ouest sans oublier la diaspora a plus de conscience ,en ayant une intime conviction que notre diversité ne saurait être un sujet de désaccord mais d’union et d’entraide, il serait mieux de passer de la fierté d’être camerounais à un devenir camerounais, au travers d’actes concrets qui poseront les jalons d’un Cameroun solide et unanime.